LA DORDOGNE D’EN BAS
- Après vous avoir fait connaître la Gratusse, je vais vous faire découvrir l’amont de Lalinde la jolie…
Lalinde vue de l’église de Saint-Front.

Lalinde vue de l’église de Saint-Front.

Le frelon indésirable
Il y a trois
mois de ça, j’ai entendu dire que derrière la pharmacie de mon village, un nid
de frelons faisait déplacer des curieux. Jusque là, chose assez banale.
Quelques jours
plus tard dans le journal SUD-OUEST, je tombe sur un article sur ce soi-disant
nid de frelons. Cet article
relatait qu’une équipe de spécialistes était venue voir ce nid et qu’il
s’agissait bien d’un nid de frelons mais de frelons qui ont fait un très long
voyage car en fait leur pays d’origine est l’Asie.
Ce n’est pas le
seul cas dans la région mais le problème, car il y a un toujours un problème
avec ces espèces exotiques, il semblerait qu’il se plaise très bien dans notre
région et qu’il n’existe aucuns moyens connus chez nous pour détruire ce fameux
frelon d’Asie qui n’a rien à faire ici.
Puis, au début de ce mois, aux actualités régionales sur FR3, voici que ce frelon
fait encore parler de lui mais cette fois-ci de manière plus inquiétante.
En effet, ce
frelon aurait été importé accidentellement et sévit principalement dans la
Gironde, le Lot et Garonne, la Dordogne et il est la peste noire des
apiculteurs car il s’attaque aux ruches des abeilles pour les détruire. Un
scénario catastrophe est prédit d’après ceux-ci ; si une solution n’est pas
trouvée pour éradiquer cette espèce maléfique, il est probable que d’ici 2 ans
les abeilles auront disparu dans la région.
Pas bon du tout !
Je suis donc aller à la rencontre de cet inquiétant nid.

Le voici, pendu à une branche acacia.

Un nid impressionnant par sa taille. Il doit faire environ 1m50 de circonférence et au moins 60 cm de hauteur.
Avant-hier, m'oxygénant le long de la belle, je tombe sur un autre nid. Bien placé avec vue sur le rapide de la Gratusse.

Celui-ci est encore plus imposant, c'est à vous faire frémir.
Le Frelon asiatique Vespa velutina (Hym. Vespidé) a été récemment
introduit en France. Un habitant du Lot-et-Garonne a observé avec intérêt, à
partir d'avril 2005, la construction d'un nid et le développement d'une colonie
sous la terrasse de sa maison. À aucun moment les frelons ne se sont montrés
agressifs. Le nid, de forme quasiment sphérique, atteignait plus de 40 cm de
diamètre. Ce n'est qu'après la mort de la colonie et la chute du nid en
novembre 2005 que des spécimens m'ont été envoyés pour identification. Un
article décrivant l'insecte et son nid devrait paraître prochainement dans la
revue Apidologie,
sous ma signature, ainsi qu'un texte plus " grand public " dans Insectes.



En Europe, les colonies de toutes les guêpes sociales de la famille des
Vespidés (guêpes communes, frelons et polistes) ne vivent qu'un an et seules
les jeunes reines fécondées passent l'hiver cachées dans un abri. La reine
fondatrice ébauche un nouveau nid au printemps, pond quelques œufs et soigne
les premières larves jusqu'à ce qu'elles deviennent des ouvrières (femelles
stériles) qui prendront en charge la construction du nid et l'entretien de la
colonie.
Tous les frelons capturés dans le Lot-et-Garonne sont des Vespa velutina de
la variété nigrithorax que l'on reconnaît à leur thorax entièrement brun
noir velouté et à leurs segments abdominaux bruns, bordés d'une fine bande
jaune orangé. Seul le 4e segment de l'abdomen est presque
entièrement jaune orangé. Les pattes brunes, sont jaunes à l'extrémité. La tête
est noire et la face jaune orangé. Cette espèce exotique est impossible à
confondre avec la seule espèce de frelon vivant en France, le Frelon d'Europe, Vespa
crabo, qui a le corps taché de roux, de noir et de jaune et l'abdomen jaune
rayé de noir.
La variété V. velutina nigrithorax vit au Nord de l'Inde, en Chine et
dans les montagnes d'Indonésie (Sumatra, Sulawesi). Elle est donc capable de
survivre, en Asie continentale, sous des climats comparables à ceux du Sud de
l'Europe. On peut donc craindre que le Frelon asiatique s'acclimate et se
répande en Europe comme cela a été le cas ces dernières années pour un pélopée
(guêpe maçonne de la famille des Sphécidés), Sceliphron curvatum. Les
conditions climatiques actuelles sont particulièrement favorables à la
multiplication de ces espèces originaires de régions plus chaudes. Mais
l'installation de V. velutina en France peut avoir des conséquences
graves car, dans sa région d'origine, ce frelon est un important ennemi des
autres Hyménoptères sociaux (guêpes, abeilles) dont il attaque les nids pour se
nourrir du couvain. En Inde en particulier, V. velutina est un prédateur
redouté des apiculteurs. Il nidifie dans la frondaison des arbres, dans les
abris aérés et beaucoup plus rarement dans des cavités du sol ; ses nids ne
sont pas toujours sphériques.
Il faut éviter à tout prix que le Frelon asiatique se répande en France et
pour cela signaler au plus vite (aux services de la Protection des végétaux notamment) la
présence éventuelle de nids en Aquitaine (ou ailleurs) afin que des mesures
d'éradication soient prises rapidement.
Il est important cependant de ne pas céder à la panique car les
frelons ne sont pas des insectes agressifs ; ils ont tendance à fuir l'homme et
n'attaquent que si l'on s'approche à moins de 5 m de leur nid. Il ne faudrait
surtout pas que le frelon d'Europe ait à souffrir des mesures d'éradication à
mettre en oeuvre contre le Frelon asiatique. Le Frelon d'Europe est un insecte
utile, non agressif, dont la piqûre, contrairement à la légende, n'est pas plus
dangereuse que celle d'une guêpe (excepté pour les personnes allergiques qui
doivent se méfier autant d'une piqûre de frelon que de guêpe ou d'abeille).
C'est vers la fin de l'été que les femelles reproductrices de la nouvelle
génération s'envolent avec les mâles pour être fécondées ; elles seules
survivront pendant l'hiver. Pour éviter que le Frelon asiatique ne se répande,
il faut donc agir dès maintenant et faire éliminer au plus vite par les
services compétents et après confirmation de l'identification de l'espèce, tous
les nids susceptibles d'être repérés dans les semaines à venir.
C.V.
Claire
Villemant est chercheur, responsable des collections d'Hyménoptères au
Muséum national d'histoire naturelle, UMR 5202 CNRS-MNHN, Entomologie, 45 rue
Buffon, 75005 Paris.
Vespa. velutina a été observé à Tombeboeuf, Nérac et Tonneins
(Lot-et-Garonne).
La présence en France de
l'espèce a été publiée : Haxaire J., Bouguet J.-P., Tamisier J.-Ph., 2006. Vespa
velutina Lepeletier, 1836, une redoutable nouveauté pour la faune de France
et d’Europe (Hym., Vespidae). Bulletin de la Société entomologique de
France, 111(2), 194.
Ci-dessus : photo C. Villemant : Vespa velutina mâle (Tombeboeuf,
Lot-et-Garonne, novembre 2005)
Image de Vespa crabro dans notre Galerie et sa
fiche HYPPZ -
il peut être un ravageur.
7 mois déjà que la belle a retrouvé sa liberté.
Plus le temps passe et plus l’angoisse monte de ne plus la revoir dans son état naturel.
A chaque passage sur le pont de Couze, je ne peux m’empêcher de ralentir et de jeter un coup
d’œil à droite, à gauche, quitte à me faire klaxonner par un impatient. C’est aussi pour me rassurer qu’elle va bien,
qu’elle ne souffre pas d’une pollution visuelle due à une entreprise en amont comme cela est déjà arrivé.
J’ai aussi mes repères qui me décident de foncer sur le net pour voir si le niveau permet de tenter une escapade pour la retrouver là-haut.

Depuis le pont de Couze, la partie aval.

La sortie de la Couze avec ses vestiges industriels.
Quand la retenue sera pleine, l’eau sera au niveau du plat de la marche
la plus haute. La bande enherbée sera noyée.
Le saut de la Gratusse est la plus belle portion de cette retenue. L’ami Didier vous en a fait une description sur son blog juste après “l’incident” du barrage de Tuilières. Sur le forum de Gobages.com, je vous ai tenu informé des évènements de cet accident.
Maintenant nous savons que la retenue sera remise en eau à mon plus grand désespoir mais comme la sacro-sainte rentabilité prime plus que la préservation environnementale. Argent ; un mot puissant et destructeur…Pour me torturer un peu plus, allons voir d’un peu plus près ce saut.
La première chose qui frappe est la végétation qui reprend ses droits. Après l’accident, ses berges étaient désolation, grises, nues, trempées…
La roche calcaire a retrouvé ses couleurs chaudes et les mouvements d’eau ainsi que les averses ont fini de laver les restes de boues.

Panoramique du saut de la Gratusse.

La marche qui est à l’origine de la légende du
Coulobre et tant redoutée des gabariers.

L’ancien port des gabariers avec un beau pool.
A l’époque, c’était sans doute aussi bon que dans certaines rivières d’Alaska vu les archives qui en témoignent.

A l’aval du saut, on retrouve le pont de Couze.
Le long des berges on peut observer de nombreuses sources où l’été les salmonidés viennent prendre le frais et chercher un peu d’oxygène. Ils en paieront les frais et se retrouveront au milieu d’une table familiale car certains autochtones connaissent bien celles-ci. Dernièrement, Didier m’a rapporté avoir trouvé des cordeaux très certainement posés par des employés de la papeterie ; c’est une tradition qui perdure.


Il n’y a pas que des choses poétiques, c’est l’occasion de se rendre à l’évidence qu’une retenue peut aussi servir de décharge.

Quand l’ancien se mêle au moderne.
Et puis l’envie fut la plus forte, je n’ai pas pu résister d’y tremper mes pieds, pour mieux la toucher, la sentir, pour que sa vie résonne en mon corps, une sorte de
communion en fait. J’espère qu’elle comprend que je compatis à sa souffrance qui dure déjà depuis trop longtemps.

Un moment d’échanges révélateurs.
Les écrits, c’est bien. Les photos, un bon complément et la vidéo, encore mieux. Voici un lien
pour mieux vous rendre compte, comme si vous y étiez, avec le son.
Ecoutez le chant de la belle, cette vie, ce milan qui passe et sans pollution sonore de véhicules.
Désolé, je n’ai pas trouvé le moyen de vous faire passer les odeurs.
Ce n’est pas d’une très bonne qualité, je l’ai filmé avec mon apn, mais ça donne une idée.
Un havre de paix pour se ressourcer :
http://video.google.com/videoplay?docid=-7845546546621395728&hl=fr
Voilà, j’ai immortalisé ces moments de bonheur ou de peine, tout dépend comme on le voit.
Bonheur pour le moment mais éphémère car la grue est en phase de montage pour déposer les pelles du barrage.
Peine de voir, dans un horizon proche, noyer ce patrimoine écologique et historique pour une deuxième fois par des irresponsables qui se disent respectueux de l’environnement.
Ah ! Dernière chose !
J’espère que vous ne le répèterez pas ; j’ai bravé l’interdiction préfectorale et je me suis rendu coupable d’avoir parcouru une zone dangereuse.
Quelques liens pour compléter.
La légende du Coulobre : http://www.lalinde.net/Lalinde/Pages/coulobre.php
Un conte de Daniel LHOMOND ; enfant du pays : http://membres.lycos.fr/delbru/promotion/legende/lhomcol.htm
Les gabares : http://www.gabarres.com/fr/histo3.htm
Les jours de récupérations sont enfin là
et je suis auprès de ma bien aimée
pour partager des moments de bonheur.
La tente est montée et le
matériel prêt à faire feu.
Passage sur la Maronne où les
prises ont été rares car les conditions ne sont pas des meilleures.
Le niveau est très bas et la
pêche se résume à faire les fosses à la roulette ; l’activité de surface
étant inexistante.

Christian, un copain du club, en
action.
L’environnement de la Maronne ne laisse pas indifférent.
Retour obligé sur la
Dordogne.
Sa vallée, ses villages, ses
berges, ses lisses, ses radiers sont,
pour moi, toujours un émerveillement.
Je passerais des journées
entières allongé auprès d’elle à écouter, humer, observer, somnoler sans me
lasser.
L’idéal pour se revitaliser.
Un lieu réputé pour ses truites
qui sortent au coup du soir et où la rive gauche est un havre de paix à l’ombre
des charmes.
L’endroit qui m’a valu ma plus
grosse truite, estimée très près des 50 cm, il y a… Trop longtemps déjà !
Le niveau est tendu et le
moucheur aperçu à gauche, c’est Matt.
Fred a fait une news sur cette rencontre.
Elles étaient de sortie ce soir là ; n’est-ce pas Fred ?
Rencontre en attendant le coup du soir.
Une belle perle de minimum 5 cm.
Passage sur le no-kill de Beaulieu sur Dordogne.
Beaulieu vu au travers d’une
trouée de feuillus.
Dommage que la passerelle moderne dénature la vue de ce
village qui porte si bien son nom.
Une veine puissante qui recèle
de beaux trésors tels que ceux-ci.
Et pour finir, un pêcheur
heureux.
Il vient de prendre son premier
ombre de la Dordogne. Il en a pris quatre autres au coup du soir. Je suis
convaincu que depuis ce soir là, il ne la voit pas du même Å“il cette charmeuse.

Et oui Patrick ! La Dordogne faut
la respecter, l’aimer et quand elle a confiance en toi, elle se délivre.
La
preuve !
Merci ma belle pour ces moments en ta
compagnie.
Que ces jours auprès de toi
m’ont fait un bien fou !
Me voici prêt à reprendre le travail ce soir dans un
esprit serein.
Merci, aussi, à ceux que j’ai rencontrés
au cours de ma cure ; Jef, Fred, Matt, Christian, Patrick, Didier et à cette
personne du 71, menuisier, amoureux et respectueux lui aussi de la belle. Il se
reconnaîtra s’il voit cette page.
En prenant le frais afin de me tenir éveillé pendant mes longues nuits de labeur, j'ai revu avec plaisir un papillon des plus imposants.
Il y a au moins 20 ans que je n'en avais pas vu un.
Signe que notre environnement s'améliorerait ?

Il s'agit du "Grand paon de nuit", c'est le plus grand papillon d'Europe.

Impressionnant, n'est-ce pas !

Et en plus il a une tête sympa.
A la débauche il était toujours là, sans doute pour me remercier de lui avoir fait prendre la pose pour devenir une vedette.
Au cours d’une promenade pédestre autour de la maison familiale, je vous
ai fait quelques clichés de vestiges agricoles qui agrémentent notre
paysage; les bories.
"L’origine des bories, cabanons voûtés utilisant ce
mode de construction, remonte au néolithique.
Elles ont été bâties jusqu’au début du XXe siècle
mais la plupart des exemples qui subsistent datent
des XVIIé et XIXé siècles, époque de
développement agricole et de conquête de
nouvelles terres. Le choix de ce type
d’architecture répondait à la nécessité d’épierrer
les sols pauvres des plateaux calcaires, pour y
permettre la mise en culture."

Celle de mon beau-père qui servait de refuge pour les volailles.

Il en existe de forme carrée, plus rares.

En général elles sont seules mais elles peuvent aussi être en groupe.
Puis
sur le chemin du retour je remarque des ormeaux morts sur le bord du
chemin. Je m’y attarde un peu afin d’essayer d’y découvrir quelque
chose qui me pourrait me chatouiller les papilles.

La voyez-vous la coquine ?

Me
voilà revenu à la maison, il me reste plus qu’à les préparer et
les déguster avec ma femme et mon fils.
Que la vie est belle !
Liens sur les bories :
http://perso.wanadoo.fr/images-du-perigord/vieillespierres/bories.htm
Le week-end dernier j’ai fait découvrir, à des
cousins, des lieux que je connais depuis ma plus tendre enfance et qui sont toujours,
pour moi, un émerveillement en les revoyant.
C’est ce dimanche que mon idée de monter ce blog a germé pour vous faire partager
la chance que j’ai d’habiter dans ce magnifique pays qui est la France.
La balade a commencé par un arrêt au village de Meyrals,
près de Saint-Cyprien. Meyrals n’a pas été trop touché par le modernisme, il a
la chance d’être resté "authentique".

Son prieuré.
De Meyrals, nous sommes allés à Marquay, village cher à mon
enfance, où j’ai pas mal d’amis et où j’ai passé une jeunesse assez mouvementée
mais bon enfant.

Un outil d’un autre temps, il servait à remplacer les fers des roues de charettes.
Un petit arrêt pique-nique au bord de ce lavoir sur la Grande Beune où je
fus piqué par une passion qui me poursuit toujours.

Que de messes basses il y a dû avoir ici.
C’est au tour de Saint-Geniès, très beau village réputé pour
ses toits de « lauzes ».
La lauze était très répandue autrefois et
disparaît petit à petit à cause de son coût élevé en restauration.






Par ce blog je vous ferai découvrir des choses qui ont mis mes sens en émoi.
Je ne vous parlerai pas que de pêche à la mouche, bien que ce soit ma grande passion, mais de rencontres, de découvertes au fil de mes diverses promenades.
A bientôt pour une nouvelle visite !